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 MALAPARTE

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MessageSujet: MALAPARTE   Sam 13 Jan - 2:39

Curzio MALAPARTE
(1898-1957)



bios :

"Curzio Malaparte est né à Prato, près de Florence, en 1898. A l'âge de seize ans, en 1914, l'Italie étant encore neutre, il s'échappe du collège Cicognini où il faisait ses études classiques, traverse à pied la frontière à Vintimille et s'engage comme volontaire dans l'Armée française. Il est blessé en Champagne, décoré de la croix de guerre avec palme.

En 1931, son livre Technique du coup d'Etat (Bernard Grasset, Paris), le premier livre contre Hitler paru en Europe (interdit en Italie et en Allemagne), le fait condamner à cinq années de déportation dans l'île de Lipari.

En 1941, il est arrêté par les Allemands et condamné à quatre mois de résidence forcée pour les articles qu'il envoie en Italie du front russe où il se trouve alors comme correspondant de guerre. Ils ont récemment paru en volume sous le titre : La Volga naît en Europe (Domat, Paris, 1948).

En 1943, à Naples, peu après le débarquement des Alliés, il publie Kaputt (Casella, ed).

De 1943 à 1945, jusqu'à la fin de la guerre, il prend part, dans le Corps Italien de Libération et comme officier de liaison entre le Haut Commandement Allié et la Division de Partisans "Possente" aux combats pour la libération de l'Italie."
notice biographique in Kaputt - Malaparte - le Livre de Poche

Curzio Malaparte, de son vrai nom Kurt-Erich Suckert, (né le 9 juin 1898 à Prato en Toscane, mort le 19 juillet 1957 à Rome) était un écrivain, journaliste et diplomate italien.

Né en Toscane de père allemand, Kurt-Erich Suckert fut, très jeune, éloigné de ses parents pour être élevé par de pauvres paysans. Kurt renonce à son nom allemand et adopte celui de Curzio Malaparte. Malgré de brillantes études et son jeune âge, il choisit de se mettre en danger et s'engage, dès 1914, dans l'armée française, avant d'entamer une carrière diplomatique qu'il délaissera pour le journalisme et la littérature.

Les mots vont lui permettre d'exprimer ses idées politiques - « Viva Caporetto » et « La Révolte des saints maudits » sont d'ailleurs censurés. Les convictions de Malaparte sont si profondes qu'il est persuadé que le collectivisme russe et l'individualisme italien ne sont pas antinomiques et que, ensemble, ils déboucheront sur une société nouvelle. Il adhère alors au parti fasciste, mais ne tarde pas à en dénoncer les dérives, notamment dans « L'Italie contre l'Europe » (1923), « Monsieur Caméléon » (1929) et « Le soleil est aveugle » (1941), où il condamne l'agression italienne contre la France. A Capri, contre l'avis général, l'écrivain fait construire sa villa loin de toute voie de communication terrestre. Ultime provocation: en 1957, le poète, sur son lit d'hôpital, à l'aube de son décès, adhère au parti communiste.

Malaparte disait, à propos de son pseudonyme : « Napoléon s'appelait Bonaparte, et il a mal fini : je m'appelle Malaparte et je finirai bien. »
in wikipedia


biblio :

- Sodome et Gomorrhe (1931)
- La technique du coup d'état (1932)
- Une femme comme moi (1940)
- Kaputt (1944)
- Le bal au Kremlin (1945)
- Le soleil est aveugle (1947)
- La peau (1949)
- Ces sacrés Toscans (1956))
- Il y a quelque chose de pourri (1959, posthume)
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MessageSujet: Re: MALAPARTE   Jeu 18 Jan - 2:10

Bon, ça va pas être facile mais si j'ai ouvert ce topic c'était d'abord pour vous parler de Kaputt...



C'est un livre autobiographique.
Malaparte était diplomate italien et comme vous l'avez vu au-dessus il était pas super bien vu des autorités Mussolinienne. Reste qu'il avait la possibilité de se déplacer sur le front de l'Est (Balkans, Pologne) et un peu plus haut dans les pays scandinaves...
Je ne vais sûrement pas réussir à vous transcrire l'émotion que génère ce livre... je vais au moins essayer de vous en donner les grandes lignes...
Ce livre aborde avec une grande finesse le monde des décideurs, des acteurs de la guerre... pas ceux qui sont du terrain, les autres, ceux des salons. Malaparte arrive à décrire des gens instruits, cultivés de haute noblesse souvent, qui sont de purs salauds (belle exemple avec le "prince de Pologne" quand il parle du ghetto de Varsovie). Tous ne sont pas nazis. On rencontre par son intermédiaire des diplomates anglais, français, américains, allemands, suédois... qui se côtoient dans de belles résidences dans les pays scandinaves... échanges, culture prédominent dans leur discours. On est du même monde et la guerre c'est pas bien, en somme. Mais bon... on n'y peut rien. On reste neutre et pi Hitler quand même il a su ramener l'ordre dans son pays...
Je donne l'ambiance de mémoire.
Voili voilou...
Il y a aussi de très beaux chapitres sur les champs de bataille, après la bataille. Beaucoup de chapitres sur les bêtes (charogne de cheval, les chiens... etc..) une manière quand même assez glauque d'aborder ce sujet.
Je voulais vous mettre des extraits mais dès que je repointe le nez dedans, je commence à le relire.. et j'ai trop de bouquins en cours... tout ça pour vous dire que ce livre est très prenant !
bonne lecture !
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MessageSujet: Re: MALAPARTE   Ven 5 Sep - 16:00



La peau
un livre sur la période du débarquement allié à Naples en 1943. Malaparte faisait alors parti du Corps italien de la libération.
Un cynisme et une amertume bien plus intense que celle de Cioran, une intelligence et un regard qui me transporte à chaque fois.

Mais faisons place à l'artiste avec ce petit extraits :

"Je n'aime pas voir à quel point l'homme peut se dégrader pour vivre. Je préférais la guerre à cette "peste" qui, après la libération, nous avait tous souillés, corrompus, humiliés, tous, hommes, femmes, enfants. Avant la libération, nous avions lutté et souffert pour ne pas mourir. Maintenant, nous luttions et souffrions pour vivre. Il y a une profonde différence entre la lutte pour ne pas mourir, et la lutte pour vivre. Les hommes qui luttent pour ne pas mourir gardent leur dignité, la défendent jalousement, tous, hommes, femmes, enfants, avec une farouche obstination. Les hommes ne baissaient pas la tête. Ils s'enfuyaient sur les montagnes, dans les bois, ils vivaient dans les cavernes, luttaient comme des loups contre les envahisseurs. Ils luttaient pour ne pas mourir. C'était une lutte noble, digne, loyale. Les femmes ne vendaient pas leur corps au marché noir pour s'acheter du rouge à lèvres, des bas de soie, des cigarettes ou du pain. Elles enduraient la faim, mais ne se vendaient pas. Elles ne vendaient pas leurs hommes à l'ennemi. Elles préféraient voir leurs enfants mourir de faim, plutôt que de se vendre, plutôt que de vendre leurs hommes. Seules les prostituées se vendaient à l'ennemi. Avant la libération les peuples d'Europe souffraient avec une merveilleuse dignité. Ils luttaient le front haut. Ils luttaient pour ne pas mourir. Et les hommes, quand ils luttent pour ne pas mourir, s'accrochent avec la force du désespoir à tout ce qui constitue la partie vivante, éternelle, de la vie humaine, l'essence, l'élément le plus noble et le plus pur de la vie : la dignité, la fierté, la liberté de leur conscience. Ils luttaient pour sauver leur âme.
Mais, après la libération, les hommes avaient dû lutter pour vivre. C'est une chose humiliante, horrible, c'est une nécessité honteuse que de lutter pour vivre, pour sauver sa peau. Ce n'est plus la lutte contre l'esclavage, la lutte pour la liberté, pour la dignité humaine, pour l'honneur. C'est la lutte contre la faim. C'est la lutte pour un morceau de pain, pour un peu de feu, pour une guenille avec laquelle couvrir ses enfants, pour un peu de paille sur quoi s'étendre. Quand les hommes luttent pour vivre, tout, même un pot vide, un mégot, une écorce d'orange, une croûte de pain sec ramassée dans les ordures, un os rongé, tout a pour eux une valeur décisive. Les hommes sont capables de n'importe quelle lâcheté, pour vivre. Pour une croûte de pain chacun de nous est prêt à vendre sa femme, ses filles, à souiller sa propre mère, à sacrifier ses frères et ses amis, à se prostituer à un autre homme. Il est prêt à s'agenouiller, à se traîner par terre, à lécher les souliers de celui qui peut lui donner à manger, à essuyer en souriant les crachats sur sa joue : et son sourire est humble, doux, son regard plein d'une espérance famélique et bestiale, d'une espérance merveilleuse."
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