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 La France au 17ème siècle

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MessageSujet: La France au 17ème siècle   Sam 13 Oct - 23:04

Même principe que pour l'Angleterre à la même période, le topo se fera en plusieurs fois, mais plus dense. Voici la première période, le début du 17ème siècle.


La France au 17ème siècle


L'histoire politique de la France au 17ème siècle voit l'émergence de l'Etat moderne. La rupture de la Fronde (1648-1652) semble opposer un "âge baroque" à un "âge classique", alors qu'en même temps la monarchie connaît en fait une évolution lente qui aboutit au gouvernement réglé dont Versailles est le centre. La noblesse, évincée progressivement de son rôle de conseiller du prince, est ramenée au service du roi à la cour et à l'armée.
Tout au long du siècle, les luttes religieuses cristallisent les oppositions.
Le poids de l'impôt, fortement alourdi après l'entrée de la France dans les guerres européennes, entraîne des révoltes populaires, de 1636 à 1643.
La politique des Bourbons est marquée par la volonté de briser l'étau dans lequel les Habsbourg enserrent la France. De ce fait, la guerre est au centre de toute la construction de l'Etat moderne.
Le rayonnement de la France tient alors à la puissance de sa démographie, qui se reconstitue après les grandes crises, à l'impact des forces armées sur terre et sur mer, à l'organisation efficace de son gouvernement, et à sa culture dont Versailles devient le symbole.

Henri IV (1589-1610)


  • Le retour
    de la paix


La paix de Nantes (13 avril- 2 mai 1598):
L'édit de Nantes met un terme aux guerres de Religion qui ont ravagé le royaume pendant plus de trente ans. Il règle l'exercice de la Religion dite réformée dans un pays catholique, fait exceptionnel dans l'Europe du temps. Il impose à tous l'oubli des troubles et des horreurs passés et accorde une amnistie générale. Il représente un compromis dans lequel chacune des parties accepte des concessions. Les catholiques sont satisfaits du fait que la religion romaine est rétablie partout dans le royaume. Les protestants quant à eux jouiront de la liberté de conscience et de culte dans certaines limites, de la reconnaissance de leur existence civile et du maintien de leur parti, garant de leurs libertés. Paris, où réside le roi, et quelques grandes villes tenues par de grands chefs de la Ligue n'ont pas de culte autorisé.


La Ligue
C'est un groupe politico-religieux catholique qui s'est donné pour but de faire disparaître le protestantisme de France.


Pour obtenir l'enregistrement de l'édit de Nantes, la tâche est longue et semée d'embûches, car les parlements refusent ou diffèrent l'enregistrement. L'édit n'est enregistré à Paris que le 25 janvier 1599. les parlements de province manifestent longtemps leurs réticences: Grenoble enregistre le 27 septembre 1599, Toulouse le 19 janvier 1600…Quant à Rouen, longtemps ligueuse, l'édit n'est finalement enregistré qu'en 1609.

La paix de Vervins (2 mai 1598)
Devant les succès militaires et politiques du roi de France, Philippe II est contraint d'abandonner son rêve d'hégémonie en Europe. Philippe II reconnaît les droits de Henri IV à la couronne de France. Les armées espagnoles quittent le territoire français.

La France en Europe
Le grand voisin Habsbourg continue d'encercler le royaume. Le roi d'Espagne est présent au nord de la France, dans les Pays-Bas, à l'est en Franche-Comté, au sud dans le Roussillon. A cette proximité du Habsbourg d'Espagne s'ajoute celle des Habsbourg d'Autriche. A l'est l'Alsace et la Lorraine sont terres d'Empire. Durant tout le 17ème siècle et jusqu'en 1713,
cet encerclement de la France par les Habsbourg reste la préoccupation centrale de la politique étrangère française.



  • La
    restauration du royaume


Le Conseil
Progressivement, Henri IV organise le Conseil à sa convenance. Cet organe du gouvernement comprend quatre sections:
- le Conseil d'Etat et des finances gère l'administration
et les relations avec les provinces
- le Conseil des finances, créé en 1594, chargé de
trouver les ressources et d'ordonner les dépenses
- le Conseil privé (justice)
- le Conseil des affaires, très réduit et composé
d'hommes qui ont la confiance du roi.

La théorie du pouvoir monarchique de droit divin
Jean BODIN a défini les fondements du pouvoir monarchique dans les six livres de la République, publiés en 1576. La théorie du droit divin a été développé par plusieurs écrivains politiques: André DUCHESNE, Antiquités
et recherches de la grandeur et majesté des rois de France
(1609), Charles LOYSEAU, Traité des ordres et simples dignités (1610), Jérôme BIGNON, De l'excellence des rois et du royaume de France (1610), Cardin LE BRET, De la souveraineté du roi (1632).

La transmission de la couronne s'opère au moment même où celui qui la détient décède. En France, le roi ne meurt jamais: "le roi est mort, vive le roi!". A cette règle s'ajoute une obligation de catholicité finalement imposée au terme de trente ans de guerres civiles. Henri IV fut vraiment le roi de France dès son sacre à Chartres, qui a lieu peu après sa conversion. Il fonde également une monarchie plus autoritaire.

L'administration des provinces
85% des Français habitent en milieu rural.
La société rurale est encadrée par la noblesse. Le seigneur est le premier personnage de la paroisse; il a le monopole du moulin et du pressoir; il est titulaire de la basse justice, celle qui règle les conflits les plus fréquents. Les paysans paient au seigneur les "droits seigneuriaux", tels que le cens. Ils paient le champart (droit en nature prélevé sur les récoltes.
La noblesse, très hiérarchisée, a d'abord une fonction militaire. Les gouverneurs et les lieutenants généraux sont les bras armés du roi dans ses provinces, fonction essentielle dans une société où la sécurité est loin d'être toujours assurée et où la révolte gronde chez les humbles aussi bien que dans les rangs de la noblesse.
Au-dessus des justices seigneuriales fonctionnent les tribunaux du roi, présidé par les prévôts, et au-dessus d'eux les baillis (nord de la France) ou sénéchaux (sud de la France).
Dans les villes, le roi souhaite constituer des oligarchies soumises et fidèles.

Le problème dynastique
Henri IV n'a pas eu d'enfant de son mariage avec Marguerite de Valois, épousée en 1572. le roi entretient ouvertement une liaison avec Gabrielle d'Estrées, et voulut en faire sa reine, mais ce projet de mariage fut contesté par la cour et le pape. Plusieurs prétendantes ont été mises en avant, telle que Marie de Médicis. Mais au regard de l'Eglise, le roi était toujours marié avec la "Reine Margot". Le "démariage" a néanmoins lieu avec le consentement de Marguerite de Valois. Il épouse Marie de Médicis à Lyonen décembre 1600. La reine a pour premier devoir de donner un fils au roi: le premier enfant naît le 27 septembre 1601, il est prénommé Louis, en hommage à Louis IX, l'ancêtre commun des Valois et des Bourbons. Cette naissance fonde la dynastie des Bourbons.

La politique fiscale de Sully
L'impôt direct:
la taille est réduite afin de stimuler le travail des paysans sur lesquels
pèsent déjà les droits seigneuriaux et la dîme de l'Eglise.
Les impôts indirects: la gabelle (sur la consommation de sel), les aides (principalement sur les boissons), les traites (taxes sur les marchandises à la sortie ou à l'entrée du royaume).
Sully, qui apure la dette et rééquilibre le budget, souhaite créer un nouvel impôt à faire peser sur les titulaires d'offices. La vénalité des offices de justice et de finance est une pratique ancienne. L'office a deux visages: il relève de la puissance publique et de la propriété privée. Ce nouvel impôt est appelé la paulette. Elle a renforcé la valeur des offices.

Henri IV, bâtisseur
Henri IV met sa marque sur les édifices royaux. Après les misères des guerres civiles, il veille à la sauvegarde, puis l'embellissement de ses demeures. Son effort porte surtout sur le Louvre, sur Fontainebleau et sur St-Germain-en-Laye. A cela s'ajoute la construction d'hôpitaux…


  • Les
    dernières années


La vie politique est troublée par des complots. Leurs auteurs visent plusieurs objectifs: se constituer une principauté indépendante du roi, éliminer un favori ou un ministre, faire obstacle à des choix politiques… les conjurateurs s'appuient sur des aides étrangères, le plus souvent espagnole. Les grands féodaux sont facilement détournés du devoir d'obéissance et l'Espagne toujours prête à créer des troubles intérieurs en France.
L'attentat de Ravaillac a été immédiatement mis sur le compte d'un complot ourdi par l'Espagnol menacé par les ambitions françaises vers les Pays-Bas et la rive gauche du Rhin. Le 14 mai 1610, alors qu'il se rend en carrosse chez Sully, le roi est assassiné dans la rue de la ferronnerie.
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MessageSujet: Re: La France au 17ème siècle   Lun 15 Oct - 18:33

Deuxième partie, et pas encore la fin, de ce sujet, un peu fastidieux à travailler à mon goût !


Le temps des révoltes (1610-1630)



  • Marie de Médicis et Concini

A la mort de Henri IV, son fils Louis XIII n'a pas encore neuf ans (la majorité pour les rois étant à treize ans). Marie de Médicis assume donc la régence. Elle ne change rien au Conseil de feu le roi. Pour éviter toute reprise d'une
opposition protestante, l'édit de Nantes est à nouveau confirmé. En marge du Conseil, la régente s'appuie sur le couple des Concini pour gouverner.


Concino Concini
Gentilhomme de Florence, il appartient à une famille de diplomates. Devenu marquis d'Ancre en 1610, il achète ensuite la charge de premier gentilhomme de la chambre du roi. Le 9 février 1611, il devient lieutenant général de Picardie, province frontière qui garde Paris face aux possessions espagnoles de l'Artois et de la Flandre. Une seule fonction militaire prestigieuse peut lui donner l'autorité qui lui manque encore. En 1613, il est fait maréchal de France, bien que ses états de service militaire soient quasiment nuls. Cette promotion est toute politique: elle place le nouveau maréchal parmi les premiers hommes de l'Etat. L'essentiel pour la régente est d'avoir assis définitivement le pouvoir d'un homme qui lui doit tout.


Il existe à la cour des clans, partisans d'une autre politique que celle de la régente, et qui veulent se faire entendre. Le trésor accumulé par Sully sert désormais à assouvir les appétits des plus vindicatifs: les princes reçoivent de très fortes gratifications.
La régence de Marie de Médicis marque en effet un tournant dans la politique étrangère de la France. Elle contribue au retour des jésuites en France. Elle est également plus favorable à un rapprochement avec les puissances catholiques qu'au soutien des princes protestants, contrairement à feu Henri IV.
Le Conseil négocie en 1612 le double mariage des enfants de France et d'Espagne: Louis XIII sera marié avec l'infante Anne d'Autriche, et l'infant Don Philippe avec la sœur aînée de Louis XIII, Elizabeth. Cette réconciliation des deux plus grandes monarchies d'Europe donne lieu à des fêtes somptueuses. Cette politique pro-espagnole assure la paix pour vingt ans.
Cette nouvelle orientation n'exclut pas cependant le resserrement de
l'alliance avec l'Angleterre.


  • Les guerres civiles
Il existe à la cour un courant hostile aux mariages espagnols et aux orientations de la régente, formé de protestants derrière le duc de Bouillon. Ils voient d'un mauvais œil une régente italienne appuyer une politique offensive en faveur de la Contre-Réforme.
Enfin, certains sont hostiles à la régente puisque l'instauration
de la paulette a dépouillé nombre de princes de l'attribution de charges, en
faveur d'une bourgeoisie marchande qui s'est accaparée les offices. Les grands,et toute la noblesse traditionnelle rêvent du retour à une monarchie dans laquelle le roi est conseillé par les grands. De janvier 1614 à avril 1617 se déroulent trois guerres civiles suivies de réconciliation. Pour les deux
premières, des traités furent conclus (la paix de Sainte-Menehould le 15 mai
1614; la paix de Loudun le 3 mai 1616).
La guerre sur le terrain est relayée par une guerre de libelles (petit livre de 8 à 48 pages) où sont débattus les problèmes de l'heure. La régence de Marie de Médicis est marquée par une véritable liberté de dire et écrire. La révolte est donc accompagnée d'une offensive pamphlétaire de grande ampleur. Il faut aussi compter sur une diffusion par la lecture publique et le commérage.
Le 27 septembre 1614, le roi Louis XIII atteint sa majorité. Les états généraux ne sont donc pas élus pour soutenir la régence. La régence prend fin. Mais Marie de Médicis continue à présider le Conseil. Le prince de Condé ne sera donc pas lieutenant général du royaume.
Les princes, Condé en tête, n'ayant pu infléchir la politique pro-espagnole du Conseil, sont amenés à nouveau à faire pression les armes à la main. La paix de Loudun met un terme à la deuxième guerre civile, et témoigne de la démission de la reine, de Concini et des ministres: les "indemnités" versées aux princes ruinent le trésor royal. Le prince de Condé obtient finalement l'entrée au Conseil et le droit de contresigner les arrêts. La reine se voit mise sur un pied de quasi- égalité avec le prince de Condé. Elle parvient à le faire arrêter le 1er septembre 1616. Cette mesure extrême a scandalisé les grands. Un complot est monté dans l'entourage du jeune Louis XIII, et avec son accord contre Concini: le 24 avril 1617, le maréchal d'Ancre est assassiné au moment où il arrive au Louvre pour assister au Conseil. Cette fin brutale provoque une révolution de palais: la reine-mère est exilée à Blois, avec Richelieu, sa créature. Marie de Médicis et son fils Louis XIII entrent en guerre. Un traité de paix est signé entre les deux, mais la réconciliation n'est pas totale: Marie de Médicis ne retrouve pas sa place au Conseil. En outre, Louis XIII fait libéré le prince de Condé contre qui la reine s'était tant battue, ce qui aigrit les relations entre la mère et son fils. Dès lors, Marie de Médicis refuse de revenir au Louvre. Les mécontents et ceux que le favori du roi ignore ou méprise se regroupent à nouveau autour d'elle. Une révolte se déclare à nouveau. Un nouveau traité est signé à Angers, qui permet à la reine-mère d'approcher librement son fils. Elle revient alors au Louvre, mais doit désormais admettre de passer derrière la reine régnante, Anne d'Autriche.

Le prince Henri II de Bourbon-Condé (1588-1646)
Il fut éduqué par Henri IV, et élevé dans la foi catholique. Le roi le maria à sa propre maîtresse, Charlotte de Montmorency. Le roi continuant à la courtiser, le prince Henri décida de s'enfuir à Bruxelles avec son épouse. Il revint sous la régence de Marie de Médicis. Comme d'autres grands aristocrates, il jalouse la présence au pouvoir de la régente et l'influence de ses favoris, dont l'Italien Concini, au détriment de celle des princes de sang. Il fomente des coalitions princières contre le gouvernement à partir de 1613, lorsque les largesses de la couronne se tarissent par manque d'argent. Les premières prises d'armes des grands se concluent avec le traité négocié par Condé avec la régente à Sainte-Menehould, le 15 mai 1614, par lequel de nouvelles pensions sont accordées par la couronne, l'alliance matrimoniale avec l'Espagne est suspendue et la convocation des Etats généraux est prévue. Il est embastillé quelques années pour avoir continuer à comploter. Libéré par Louis XIII, il se conduit comme un fidèle serviteur du roi et participe aux nombreuses campagnes menées par le roi.

Délivré des querelles intestines et de la menace de la révolte des grands, Louis XIII se trouve confronté à l'insubordination de ses sujets protestants, entre 1619 et 1622.


  • La France en Europe
Les crises intérieures et les guerres civiles ont réduit le rôle de la France en Europe.
Le "problème de la Valteline" est un enjeu politique majeur tout au long du
17ème siècle. La Valteline correspond à la haute vallée de l'Adda, affluent du Pô, qui ouvre à l'est vers le Tyrol et l'Autriche. Cette vallée est peuplée
d'Italiens catholiques, mais elle est soumise aux Ligues grises protestantes. La défense des droits des alliés grisons sur la Valteline est une pierre
de touche révélatrice des choix politiques du Conseil du roi, à savoir la
défense de la liberté de culte, même relative, des protestants, contre les
Habsbourgs, défenseurs de la foi catholique.

L'effacement de la France sur la scène internationale a permis une remontée des ambitions espagnoles. La politique hispanophile, qui avait permis la conclusion des mariages espagnols, avait maintenu le status quo en Valteline. Mais les Espagnols reprirent le dessus en Valteline, prétextant des querelles religieuses.


  • Le retour de Richelieu au pouvoir (1624-1630)
Le 29 avril 1624, Richelieu est appelé par le roi au Conseil. En août 1624, il devient le principal ministre jusqu'à sa mort en décembre 1642.
On s'est souvent appuyé sur le Testament politique de Richelieu pour y chercher un "programme", alors que ce texte a été écrit plus tard par Richelieu, qui avait un regard rétrospectif sur son œuvre.
Ce qui caractérise les choix politiques de Richelieu: l'affirmation du pouvoir du roi sans partage, dans le royaume comme en Europe.
"Rabaisser l'orgueil des grands": il démantèle des forteresses en province qui ne sont pas sur les frontières, ni des villes capitales de province. Il légifère
contre les duels, déjà interdits par le concile de Trente en 1563.
"Ruiner le parti huguenot": Richelieu, pour avoir essayé de convertir les protestants dans son évêché du Poitou sait que cette œuvre de reconquête missionnaire sera longue. En revanche, le statut politique du "parti" en fait un Etat dans l'Etat, ce qui est insupportable dans la monarchie en voie de centralisation. Le 28 juin 1629, par la grâce d'Alès, le roi impose à ses sujets protestants la suppression de tous les privilèges politiques que leur reconnaissaient l'édit de Nantes. Mais les stipulations de l'édit de Nantes concernant la liberté de conscience et l'exercice de la religion sont confirmés.
"Relever son nom dans les provinces étrangères": Richelieu a fait son choix et veut revenir à la politique d'équilibre de Henri IV et aux alliances protestantes.


Louis XIII et Richelieu (1630-1643)

  • La France dans la guerre
L'année charnière: 1630
La journée des Dupes est un événement tournant du règne. Au Conseil, deux points de vue s'affrontent: un parti favorable à la paix (le parti de la reine-mère qui reste favorable à une alliance avec l'Espagne), l'autre favorable à une intervention active de la France en Europe (le parti de Richelieu, qui veut reprendre la politique traditionnelle de l'équilibre européen). Ces contradictions trouvent leur solution dans la journée des Dupes, les 10, 11 et 12 novembre 1630. Louis XIII est alors confronté à un choix dramatique entre sa mère et son ministre, et surtout entre deux choix politiques. Le roi choisit de garder son ministre; la reine mère est contrainte à l'exil à Compiègne et les grands qui l'ont soutenu sont arrêtés, et parfois même exécutés.

La France dans la guerre de Trente ans (1630-1643)
Le choix d'une politique anti-Habsbourg, et d'une politique d'équilibre en Europe implique de soutenir les princes protestants et leurs alliés, le Danemark puis la Suède, avant d'entrer soi-même ouvertement dans le conflit, en 1635. La guerre commence en Allemagne entre le Saint Empire romain germanique et les Suédois et Danois. Louis XIII et Richelieu ne pouvant plus contenir les ambitions de
l'empereur par alliés interposés, font entrer la France dans la guerre. La guerre est officiellement déclarée à l'Espagne aux Pays-Bas le 19 mai 1635. pour Richelieu, l'alliance essentielle est celle noué avec les Provinces Unies et la guerre a pour objectif premier de
conquérir les Pays-Bas espagnols pour les partager avec ses alliés.

La guerre s'étend sur plusieurs théâtres d'opérations: sur la frontière des Pyrénées, en Franche-Comté, en Artois et dans les Flandres, contre l'Espagne. L'empereur déclare quant à lui la guerre à la France en décembre 1636. Les opérations ont lieu en Alsace, en Allemagne et en Italie.


  • Les oppositions

Les révoltes antifiscales
On impose une fiscalité plus importante aux sujets du royaume de France. Mais on ne doit jamais oublier dans le contexte de la guerre, omniprésente pour les gouvernants, que pour les gens des campagnes d'autres maux sont trop souvent présents (années de mauvaise récoltes, pestes…). Pour ceux qui y survivent, le poids de la fiscalité, qui ne cesse d'augmenter, devient alors proprement insupportable, d'où des révoltes populaires.

La Révolte des Nu-Pieds (1639-1640) est l'une des plus graves et des plus longues. Elle éclate en Normandie en 1639 et se prolonge pendant plus d'un an. La cause en est la volonté royale d'imposer à cette province la gabelle, exempte jusque là comme pays producteur de sel (les "nu-pieds" sont les travailleurs qui le ramassent au bord de la mer). Le soulèvement se concentre en deux points: Rouen, révolte urbaine, et Basse-Normandie, révolte paysanne. La répression qui s'abat sur eux revêt une extrême rigueur. Elle est confiée à une commission judiciaire, conduite par le chancelier Séguier lui-même. Les pouvoirs dont il est pourvu sont absolument extraordinaires. Il fonctionne comme un tribunal militaire en campagne, sans aucun respect des formes ordinaires de justice. Les
accusés, privés de défense, sont jugés, condamnés et exécutés sur l'heure. Ceux qui échappent à la peine capitale sont envoyés par centaines aux galères, et tous se voient écrasés d'amendes énormes. Rouen est très durement éprouvée.
Cette répression d'un genre nouveau, par ses procédures expéditives et son
extrême violence, doit servir d'exemple dissuasif pour d'autres. Cependant, si l'on en juge par le caractère récurrent des révoltes populaires, l'exemple
normand ne fut pas compris des autres provinces.

Une opposition religieuse: les jansénistes
La contestation des élites prend appui sur des choix religieux. C'est le cas des jansénistes, dont la "secte", comme dira plus tard Louis XIV, apparaît en France dans les dernières années du règne de Louis XIII. La doctrine apparaît en 1640 après la publication de l'Augustinus, écrit par Cornélius Jansen, évêque d'Ypres aux Pays-Bas. C'est une forme renouvelée du calvinisme semble-t-il. La Sorbonne réagit contre l'exagération du rôle
accordé à la grâce. Son chef de file, l'abbé de Saint-Cyran, est enfermé car il répandait cette doctrine au sein du clergé, et Richelieu avait peur de nouveaux excès. Le mouvement que Richelieu a tenté d'étouffer en mettant son chef de file à l'ombre prendra de l'ampleur sous son successeur.

L'opposition nobiliaire
Le cardinal est en butte à une opposition active des grands. Elle prend la forme de la révolte et du complot, non pas contre le roi, mais contre son ministre. Les conjurateurs en général veulent abattre le ministre pour faire pièce à sa politique anti-espagnole. Le complot le plus célèbre est peut être celui du jeune favori du roi, Cinq-Mars, où trempent Gaston d'Orléans, le frère du roi. Ils ont signé un traité avec le roi d'Espagne, Philippe IV, au printemps 1642. la conjuration éventée, Richelieu exige la peine capitale pour Cinq-Mars et son ami de Thou, coupable de n'avoir pas dénoncé le complot.
Mazarin, "créature" de Richelieu, succède à ce dernier à la demande de Louis XIII à la mort de son ministre le 4 septembre 1642. le roi fait aussitôt entrer Mazarin au Conseil.
Le 20 avril 1643, Louis XIII, sentant sa fin venir, constitue un Conseil de régence où il fait entrer Mazarin, à côté de la reine Anne d'Autriche et de Gaston d'Orléans. Mazarin est également le parrain de Louis XIV, place toute particulière. Louis XIII meurt le 14 mai 1643.
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MessageSujet: Re: La France au 17ème siècle   Sam 20 Oct - 18:57

Ma dernière partie sur ce topo, très longue, et j'espère pas trop rébarbative (perso j'ai trouvé cela dur à bosser, donc c'est peut être pas facile à lire!). Je vous fais néanmoins partager mes quelques connaissances.


Les années Mazarin (1643-1661)


  • Mazarin (1643-1648)
Le 18 mai 1643, Anne d'Autriche exige du parlement de Paris qu'il casse le dernier testament du défunt et se fait reconnaître comme régente à part entière. Elle nomme ensuite le cardinal Mazarin président du Conseil de Régence et principal ministre. Gaston d'Orléans est lieutenant général du royaume mais ne vient qu'en second au Conseil. La grande expérience des affaires de l'Europe de Mazarin, sa position exceptionnelle de parrain du jeune roi, son appartenance au Sacré Collège qui élit le pape lui assurent le
prestige et le respect indispensables à sa nouvelle fonction.
La guerre est aussi la dure réalité qui s'imposera encore pendant seize ans au nouveau ministre. Dans sa lutte contre les Habsbourg, Mazarin peut s'appuyer sur de grands capitaines, tels que le marquis de Turenne et le jeune duc d'Enghien (futur Grand Condé).
Dès janvier 1644, il devient nécessaire de faire appel à de nouveaux impôts. Comme il est difficile d'augmenter la taille et la gabelle, Mazarin et la régente songent à faire payer la capitale où sont concentrés beaucoup de gens bien pourvus et dispensés de la taille. Le Conseil remet alors à l'honneur le toisé (pèse sur les maisons construites sans autorisation dans les faubourgs de Paris, à proportion de la longueur des façades, mesurée en toises). En 1646, l'édit du tarif augmente les droits d'entrée des marchandises dans Paris.
L'accumulation des taxes et le recours aux emprunts forcés déclenchent une protestation générale des officiers du roi, directement concernés par ces nouvelles ponctions.

  • La Fronde (1648-1653)
Cette période est complexe. Il faut donc en comprendre les éléments principaux.

Le parlement
Il faut prendre la mesure des fonctions de cette institution, car les treize parlements du royaume sont des acteurs importants du mouvement contestataire. Le parlement de Paris domine tous les autres parlements du royaume puisqu'il couvre presque un tiers du royaume. Sa situation dans la ville du roi ajoute à son prestige. Les parlementaires sont des magistrats qui jugent les causes en appel ou les causes très graves en première instance. Titulaires de charges qu'ils ont achetées ou héritées, les conseillers sont répartis dans des chambres spécialisées. A Paris, deux Chambres des requêtes traitent les dossiers les moins importants; cinq Chambres jugent de causes plus importantes; la "Chambre de la tournelle" instruit les causes criminelles; la Grand Chambre, où siègent les plus anciens magistrats, couronne l'ensemble.

Le parlement n'a pas seulement des attributions judiciaires. Il jouit d'une sorte de droit de regard sur les affaires politiques car il a, notamment, un droit de remontrance (il peut modifier les édits royaux ou en retarder l'enregistrement, ce qui fut le cas pour l'édit de Nantes par exemple).

La première Fronde: l'agitation des parlements (janvier-décembre 1648 à janvier-août 1649)
Une nouvelle fiscalité menace directement les membres du parlement de Paris. Se joignent dans une même révolte contre le fisc les propriétaires de la capitale, les consommateurs qui subissent l'augmentation du tarif et les officiers du roi. Le parlement prend la tête du mouvement de résistance.
Par delà les intérêts menacés, il apparaît que le conflit oppose deux modes de gouvernement:
- le système traditionnel: l'administration des finances et de la justice est confiée à des officiers du roi, le roi gouvernant assisté de sa noblesse au Conseil et dans les provinces
- un système nouveau, imposé par une guerre interminable et contestable puisqu'elle déchire la chrétienté. Le roi, soumis à un ministre tout puissant, gouverne de plus en plus avec des commissaires et des intendants nommés directement par lui.

Mazarin fait arrêté deux des meneurs de la Fronde, des parlementaires:
le conseiller Broussel, âgé de 73 ans, et le président Potier de Blancmesnil.
Des manifestations ont alors lieu en faveur des victimes de l'arbitraire. Le chancelier Séguier part alors interdire les réunions du parlement pour mettre fin à l'agitation. Des barricades sont alors dressées dans Paris. Broussel est relâché, et l'agitation se calme.

Après des marchandages pour mettre fin au conflit languissant avec le parlement, la reine accepte finalement de signer, le 22 octobre 1648, une déclaration qui reprend celle proposée par le parlement le 31 juillet: les intendants sont supprimés, le parlement sauvegarde son droit de regard sur les édits fiscaux et les avantages de ses membres.
Mais au fond, la monarchie ne peut accepter les articles de cette déclaration en vertu de la construction d'une monarchie administrative.
L'initiative de la reprise du conflit appartient donc à la reine et son ministre.

Dans la nuit des Rois, entre le 5 et le 6 janvier 1649, la reine et ses deux enfants, le roi qui a dix ans et son jeune frère, leur oncle (Gaston d'Orléans), lieutenant général du royaume, et Mazarin, quittent Paris sous bonne escorte pour Saint-Germain, décidés à reconquérir la capitale les armes à la main.
Ce qui rend difficile le récit et la compréhension de la Fronde, c'est d'abord son extension dans les provinces (Bourgogne, Normandie, Anjou…) qui suivent leurs parlements.

Les frondeurs
Les chefs de faction les plus en vue appartiennent à la famille du prince de Condé, mort en 1646: son fils Louis II de Bourbon (appelé le Grand Condé) en particulier.
Les troupes des frondeurs sont constituées des clients et protégés des princes dans une pyramide de fidélités qui peut mobiliser beaucoup de monde. Dans les villes, les frondeurs se recrutent parmi les bourgeois et les marchands, les gens de métier soucieux de préserver leurs privilèges…Ce sont ceux qui constituent les troupes des milices, armées, et encadrées par des responsables de quartiers.
Les nobles sont aussi menacés par la pression fiscale: les gentilshommes se regroupent dans des assemblées de noblesse autour de Paris et dans les provinces.

L'année 1649
En 1649, la reine s'appuie sur Condé dont l'armée tient les alentours de Paris et ferme les voies d'accès pour affamer la grande ville. Le coup de force de la reine pousse une partie de la grande noblesse dans la Fronde (la sœur et le frère de Condé par exemple).
Les frondeurs prennent de plus en plus pour cible Mazarin.
Cette haine s'exprime dans des pamphlets de toutes sortes. Pour éviter le pire, Mazarin fait acheter des régiments allemands dès le 16 janvier 1649. Le 30 janvier 1649, le roi Charles Ier est exécuté, ce qui provoque une contestation unanime. Au sein du parlement, un parti plus modéré émerge progressivement, sous la houlette notamment de Nicolas Fouquet, alors procureur général. La paix est finalement signée le 12 mars 1649, après d'âpres négociations sur les 27 articles de la précédente déclaration. Mazarin obtient entre autres choses le maintien des intendants dans les provinces frontières.
Cependant, le roi, la reine, et la cour ne rentrent à Paris que le 18 août.

La fin de la guerre de Trente ans: les traités de Westphalie (24 octobre 1648)
Tandis que la reine et Mazarin font face à la Fronde parisienne, les conférences avancent leurs travaux, entamés à Westphalie en 1644. Cela absorbe le ministre, autant que les troubles intérieurs.
En Allemagne, le principe "cujus regio, ejus religio" (un royaume, une religion), est maintenu, ce qui oblige les peuples à se soumettre à la religion de leur prince ou à émigrer dans un Etat voisin adepte de leur croyance.

"L'équilibre européen" est restauré: les princes allemands, jouissant de leur supériorité territoriale, le pouvoir de l'empereur semble une coquille vide. Les 360 princes, maîtres de leurs territoires, peuvent négocier avec l'étranger et conclure des alliances à condition de respecter les intérêts de l'Empire.
La France sort grandie des traités.
Les Provinces-Unies ont signé une paix séparée avec l'Espagne qui reconnaît définitivement leur indépendance. Dès lors, l'Espagne se retire du congrès de Westphalie et poursuit seule la guerre contre le France. Philippe IV se refuse à traiter: il espère que les troubles intérieurs de la Fronde obligeront la régente à baisser la garde.

La deuxième Fronde (1650-1651)
Les princes, calmés, n'ont pas retrouvés une place de premier plan au Conseil, Condé surtout. Les clientèles nobiliaires sont prêtes à en découdre à nouveau. Pour faire taire ces oppositions, la reine et Mazarin tentent un coup de force contre les princes, et surtout contre Monsieur le Prince (le prince de Condé) en janvier 1650. Obligé de céder à la pression, le gouvernement de la reine les fait libérer. Mazarin, principale cible des
frondeurs, choisit de s'effacer pour laisser passer l'orage en attendant que
ses adversaires s'enlisent dans leurs querelles internes. Il reste absent
jusqu'en décembre 1651, et continue à correspondre avec la reine. La reine
s'employa à diviser ses adversaires: elle se rapproche d'abord des Condé, puis s'en éloigne pour se rapprocher de Gondi. Dès lors, le front uni des Frondes est brisé. Pour faciliter une réconciliation générale autour du roi majeur, le 5 septembre 1651, la reine accepte de passer l'éponge sur les crimes des Condé et de condamner à nouveau Mazarin.

La cérémonie de la majorité a lieu le 7 septembre 1651. Seul absent, le prince de Condé se rejette dans la révolte. Mais la régence est terminée, le roi jouit pleinement de ses pouvoirs: les engagements pris par Anne d'Autriche ne le lient plus et Monsieur le Prince est déclaré criminel de lèse-majesté dès le 8 septembre. Le prince de Condé part pour sa province de Guyenne, où Bordeaux connaît une Fronde radicale. Le 13 décembre, Louis XIV rappelle Mazarin, qui pénètre en France avec 6000 hommes recrutés par ses soins. Le parlement met alors à prix la tête du cardinal, et en janvier 1652, Gaston d'Orléans, hostile à Mazarin, devient frondeur et fait alliance avec Condé.

L'année terrible: 1652
De 1648 à 1652, la France connaît une grave crise économique: mauvaises récoltes, famines et disettes. Les "pestes" frappent durement les populations sous alimentées. La mortalité augmente très fortement, entraînant à son tour une forte chute de la natalité, dans un contexte de guerre contre l'Espagne et de Fronde.
1652 est le sommet de ces années noires. Des guerres internes enflamment le royaume. Pour calmer les plus hostiles, Mazarin quitte une nouvelle fois la cour, en août 1652, pour un second exil. La lassitude s'empare progressivement des frondeurs. Le 13 octobre, Condé, isolé, quitte Paris pour Bruxelles et offre ses services au roi d'Espagne. Le 21 octobre, Louis XIV le jeune roi entre dans sa capitale sous les acclamations. A Paris, c'est la fin des troubles. Louis XIV interdit désormais au parlement de se mêler des affaires de l'Etat. Le roi rappelle de nouveau Mazarin.

Avec ce grand conflit, dans lequel Paris et tant de provinces ont été engagés, prend fin une forme de gouvernement monarchique où dominent les clientèles nobiliaires. Désormais, la monarchie s'appuie sur les officiers et bientôt les commissaires, le roi ayant dans sa main l'essentiel des pouvoirs: la levée des impôts, l'exercice de la justice, la direction de la "police" (c'est-à-dire l'administration des provinces).
Le second ordre, la noblesse, est sans doute le plus grand perdant de cette confrontation. Son rôle dans l'Etat le cantonne progressivement au service du roi à la cour et à l'armée. Les grands ne seront plus les chefs de ces grandes révoltes où s'exprimait la contestation politique.

Confrontée à une guerre étrangère et aux guerres civiles, la monarchie doit encore et toujours trouver des ressources nécessaires à l'entretien des armées. L'impôt en couvre une part, mais l'emprunt y contribue aussi de plus en plus.



  • "Les années fécondes" (1653-1661)
Le retour à l'ordre est progressif, à Paris comme en province.
Pendant toutes ces années, la guerre civile masque les combats de la guerre étrangère qui continue. Le front principal est au nord, mais bien proche de la capitale, puisque l'Artois est encore espagnol. Quand la saison des quartiers d'hiver arrive, les généraux passent la main aux diplomates: le roi d'Espagne, incapable de reconstituer ses armées, consent à traiter.

La paix entre la France et l'Espagne est signée au pied des Pyrénées en
novembre 1659. l'aspect le plus important du traité aux yeux des contemporains et pour l'avenir est la conclusion du mariage du roi avec l'infante Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Certes la nouvelle reine de France renonce à ses droits à la succession d'Espagne, mais le paiement de la dot, énorme, n'est pas payée par le roi d'Espagne qui n'a pas l'intention de s'y soumettre. La clause du traité sur la dot va permettre au roi de France d'avancer des prétentions à la succession espagnole, et Louis XIV en usera tout le long de son règne. La prépondérance en Europe passe des mains de l'Espagnol dans celles du Français.

Quand Mazarin disparaît le 9 mars 1661, il laisse à son filleul, impatient de régner seul, un royaume sensiblement agrandi. Mazarin a poursuivi et achevé l'œuvre du grand cardinal dont il a prit la suite. Il est resté au pouvoir 18 ans, soutenu indéfectiblement par la reine d'abord, puis par le jeune roi ensuite. Cette longévité ministérielle a permis de finir avec succès la grande guerre espagnole, de reconstruire des provinces éprouvées par
les guerres civiles et de forger l'Etat moderne.
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MessageSujet: Re: La France au 17ème siècle   Sam 20 Oct - 20:52

L'ascension du soleil (1661-1685)


  • La monarchie administrative
La prise du pouvoir (10 mars 1661)
Ce qui a pu étonner les contemporains, c'est la conversion d'un jeune roi soumis à son tout-puissant Premier ministre en un souverain émancipé prenant en main les gouvernails de l'Etat. Ceux qui aspiraient à la succession de Mazarin ont été déçus. Mais en fait l'organisation du pouvoir est plus marquée par la continuité que par la rupture: continuité des hommes comme des institutions. Il y a seulement quelques retouches. Le Conseil est rétréci. La seconde nouveauté tient dans sa volonté de gouverner par soi-même, c'est-à-dire d'être présent régulièrement aux réunions des sections politiques du Conseil, de signer personnellement les ordres destinés aux provinces, et de se réserver les nominations et les promotions des hommes. Désormais le roi sera seul maître de la faveur, lui seul fera entrer dans la noblesse et fera avancer les carrières.

La réforme fiscale
Colbert s'efforce de faire baisser la taille. Pour compenser ce manque à gagner, le contrôleur général augmente les impôts indirects. La création de taxes indirectes imposées d'en haut à des provinces jusqu'ici exemptées, comme la Bretagne, n'allait pas de soi.


Colbert s'efforce aussi de faire payer les riches. Sans remettre en cause les privilèges nobiliaires, il fait la chasse aux faux nobles, qui échappent à l'impôt roturier en "vivant noblement". Désormais, il faut faire la preuve de son appartenance au second ordre par des généalogies, des papiers notariés, et des lettres de noblesse. En bloquant l'accès à la noblesse,
Colbert ne vise pas seulement à remplir les caisses de l'Etat, il espère maintenir dans les rangs d'une bourgeoisie dynamique ceux qui animent l'économie marchande: armateurs, industriels, marchands du grand commerce…

Les grandes ordonnances
En 22 ans d'exercice du pouvoir, Colbert préside à une refonte et une mise à jour en profondeur de la législation et des codes de procédures du royaume. Son esprit rationnel et pragmatique souhaite que l'impulsion émise par ses services vienne irriguer toutes les provinces et les règles sur un modèle unique, la loi du roi, mettant tout le royaume sous le même joug.
- Le Code Louis, qui unifie les procédures civiles, comprend l'ordonnance de procédure civile signée par le roi en avril 1670. S'y exprime une volonté de clarifier, simplifier, rationaliser les démarches d'une procédure qui fait vivre des nuées de magistrats, d'avocats et de conseils en prolongeant les procès au détriment des plaignants.
- L'Ordonnance des eaux et forêts. Désireux de reconstituer le domaine royal et d'en obtenir une meilleure rentabilité, et soucieux de reconstruire une marine digne de ce nom, Colbert s'intéresse à la forêt française. Cette ordonnance est signée en août 1669. l'ambition est de préserver les forêts royales, mais aussi celles des communautés laïques et des particuliers. Au terme de 20 ans d'efforts soutenus, 70 000 hectares de forêts sont réintégrées au domaine royal, ce qui augmente très largement les revenus de l'Etat.
- La Grande Ordonnance de la marine, du 15 avril 1689, règle la vie des gens de mer, la construction et l'entretien des chantiers navales et des navires de guerre, tout autant que l'entretien des ports ou de la police du littoral.
- Le Code noir, en 1685, concerne tous les aspects de la vie des esclaves. Sur le plan des principes, la traite et l'esclavage sont juridiquement reconnus et l'esclave est assimilé à une chose. La loi prescrit de façon concrète ce que doit être sa vie quotidienne: nourriture, habillement et travail, mariage et religion, justice et châtiments.


  • Les moyens de la prépondérance
La diplomatie
La diplomatie évolue au cours du 17ème siècle. Elle est d'abord confiée à des ambassadeurs extraordinaires choisis dans les rangs de la haute noblesse et souvent parmi les chefs de guerre après une campagne. Puis, la diplomatie tend à se fixer dans les mains de grands commis spécialisés. Après Mazarin, qui fut peut être le plus grand négociateur de son temps, Louis XIV prend lui-même en main la direction de sa politique étrangère.

L'armée
Michel Le Tellier jusqu'en 1672, et Louvois en 1691, ont créé une armée moderne. En supprimant la charge de colonel général de l'infanterie, Louis XIV garde lui-même la main sur son armée.
Pour compléter les effectifs, Louvois créé en 1688 une armée de réserve employée à la garde des places et des côtes. Il créé aussi des magasins de vivres et de munitions, situés dans les places frontières, ce qui permet une entrée en campagne rapide et donc de prendre l'initiative. Pour accueillir les blessés, les mutilés et les anciens soldats, Libéral Bruand entreprend en 1674 la construction de l'hôtel des Invalides. La guerre de siège impose aux villes frontières des travaux de construction considérables. Vauban est amené à travailler environ à environ 120 places, villes déjà munies de citadelles et de fortifications, ou villes nouvelles.

La marine
Elle a été cruellement négligée du temps de Henri IV. C'est à Richelieu que l'on doit les premiers efforts pour constituer une marine royale digne de ce nom. Colbert, aidé de son fils le marquis de Seignelay à partir de 1676, dote la France d'une véritable marine de guerre. Cette flotte impose à son tour la mise en place d'une infrastructure industrielle. Les arsenaux royaux sont basés à Dunkerque, Le Havre, Brest. Deux arsenaux existent en Méditerranée: à Marseille pour les galères et Toulon pour les navires de haut bord. Une exploitation rationnelle des forêts doit suivre, de même que les industries textiles, les cordages, les ateliers de charpentiers, la métallurgie de la fonte et du cuivre…
L'épineux problème du recrutement des marins est résolu par la création de l'Inscription maritime entre 1668 et 1670. pour attirer de l'étranger des marins expérimentés, l'obtention automatique de la nationalité française est proposée à ceux qui ont servi cinq ans dans la marine royale.


  • La direction de l'économie
Colbert a fait d'importants efforts pour dynamiser l'économie du royaume. Le premier souci du ministre est d'appréhender les réalités. Connaître le royaume, en mesurer et faire représenter l'étendue par des cartes plus exactes et plus précises, en apprécier le peuplement par des dénombrements. Le ministre dépêche des commissaires pour faire des enquêtes plus approfondies: par exemple, connaître le fonctionnement des offices et leur nombre, le nombre de couvents, et l'état des communautés d'habitants, villes ou bourgs…
Il a dynamisé l'artisanat, soutenu le commerce intérieur par la création de canaux notamment (la Loire a été reliée à la Seine par le Loing et le canal de Briare), a développé le commerce extérieur (présence française en Amérique du Nord, création de grandes compagnies: par exemple, en 1664, création de la Compagnie française des Indes occidentales, qui obtient le privilège du commerce avec les Antilles et le Canada) en pratiquant une guerre des tarifs pour protéger les produits français et obliger la clientèle française à s'approvisionner en France.

Louis XIV et l'Europe (1661-1685)

Le plus grand prince d'Europe: les premières manifestations de Louis XIV sur la scène internationale sont marquées par une volonté de s'affirmer dans les rituels de préséances, tant à Londres qu'à Rome. Compte tenu de la pression que les Habsbourg peuvent encore exercer sur les frontières, le roi veut construire un territoire plus homogène.


  • L'expansion française

La succession d'Espagne
La question de la succession d'Espagne se pose très tôt dans le règne de Louis XIV et demeure un problème central de sa politique en Europe. En 1665, Philippe IV, avant de mourir, a réglé sa succession: si son fils, le futur Charles II, un enfant de quatre ans, malade, vient à mourir, l'ensemble de la succession espagnole reviendra à Marguerite-Thérèse, la sœur aînée de celui-ci. La reine de France, Marie-Thérèse, fille du premier mariage de Philippe IV, avait renoncé solennellement à la succession espagnole. Quand Philippe IV meurt, en 1665, Louis XIV fait publier le Traité des droits de la reine Marie-Thérèse sur divers états de la monarchie d'Espagne: il réclame des territoires aux Pays-Bas, et la Franche-Comté. Mais il paraît prématuré de régler la succession espagnole avant le décès du nouveau roi d'Espagne, Charles II.
En 1667, la paix de Bréda ayant mis fin aux hostilités entre l'Angleterre et les Provinces-Unies, Louis XIV, à la tête de ses armées, pénètre aux Pays Bas sans rencontrer de véritable résistance. A Madrid, la régente a promis des secours qui ne viennent pas, l'empereur ne prête aucune aide et le gouverneur des Pays Bas sans argent se trouve démuni.

Louis XIV et l'empereur Léopold Ier s'entendent sur un partage de la succession d'Espagne à venir: le roi de France recevrait les Pays Bas, la Franche-Comté, la Navarre, Naples et la Sicile. Tout le reste irait à l'empereur. C'est le traité secret de Grémonville.

La guerre de Hollande (1672-1678) : le France en sort agrandie aux dépens de l'Espagne, la vraie perdante de cette guerre, et elle impose son arbitrage en Europe du Nord. Les Provinces-Unies ne sont pas écrasées, mais le tracé de la frontière avec les Pays-Bas est sensiblement régularisé. Face aux puissances coalisées, la France n'a pas faiblie.

Le temps des épreuves (1685-1715)


  • Louis XIV face à l'Europe
Le milieu des années 1680 marque un tournant dans le règne.
Colbert meurt en 1683, la reine Marie-Thérèse disparaît la même année, et Louis se console avec Madame de Maintenon.

La révocation de l'édit de Nantes est perçue comme une provocation aux yeux de l'Europe protestante, et au premier rang Guillaume d'Orange, devenu roi d'Angleterre en 1688. Les protestants fuient la France pour se réfugier dans les pays protestants. Ceux qui partent sont surtout des marchands et des artisans.
Guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697): Louis XIV pose un ultimatum à l'empereur afin que les questions restées pendantes en Europe soit réglées. Avant toute réponse, les armées françaises envahissent Cologne, et saccagent la région. Les partenaires de la Ligue d'Augsbourg entrent progressivement dans la guerre. La guerre générale s'ouvre au printemps 1690: la France est seule contre l'Europe coalisée.

Crise économique de 1693-1694: le règne personnel de Louis XIV est marqué par une tendance générale à la baisse des prix qui rend la concurrence plus agressive. Pendant l'hiver 1693 et le printemps 1694, le malheur touche tout le royaume. Le royaume connaît des pics de mortalité, ainsi qu'une baisse de la natalité et de la fécondité. Dans ces conditions, l'impôt, indispensable pour soutenir la guerre contre la coalition, mais qui vient arracher le nécessaire à une population diminuée, paraît insupportable.

La fin de la guerre de la ligue d'Augsbourg: la paix de Ryswick (1697). Elle garantit à la France les conquêtes de Nimègue, mais marque aussi les limites à ne plus franchir vers les Pays Bas et la rive gauche du Rhin. Cette guerre a montré les capacités de résistance de la France. La coalition est brisée.


  • La mise au pas des oppositions
La politique religieuse s'efforce de mettre au pas les derniers protestants, les jansénistes et les quiétistes. A la cour, des opposants rêvent d'une monarchie tempérée. Une pensée politique nouvelle apparaît, alors que le tournant vers la pensée des Lumières s'amorce.


  • La prépondérance en question
La succession d'Espagne: la nouvelle donne
Des tractations européennes entre Louis XIV, Guillaume d'Orange et l'empereur ont cours en secret pour le partage de la succession espagnole. Mais la cour d'Espagne ayant eu vent du traité, le conseil de Castille incite Charles II à reconnaître Joseph-Ferdinand de Bavière comme son légataire universel pour sauvegarder l'intégrité de la succession. La répartition est vécue comme inacceptable pour les Espagnols eux-mêmes, qui refusent de voir dépecer l'héritage de Charles II. Le parti national castillan est convaincu que l'empereur ne pourra résister à une coalition franco-anglaise et souhaite avant tout préserver l'intégrité de la monarchie. Finalement le parti patriote des castillans l'emporte à la cour de Madrid sur le parti de la reine, favorable à l'Autriche.
Le roi Charles II suit l'avis de ce parti, et le met dans son testament, dans le plus grand secret. Le 1er novembre 1700, Charles II meurt. La nouvelle en est donc portée à Versailles. Louis XIV accepte le testament. Le 16 novembre, il présente son petit-fils à la cour comme le roi d'Espagne, sous le nom de Philippe V. Le nouveau roi d'Espagne est assez vite reconnu par l'ensemble des puissances européennes, l'empereur excepté. Léopold n'est pas disposé à voir l'héritage de Charles Quint échapper aux Habsbourg et son fils dépossédé de la couronne espagnole.

Pour les puissances européennes et les puissances maritimes en particulier, une hégémonie des Bourbons sur le continent n'est pas plus acceptable qu'une hégémonie des Habsbourg. Louis XIV doit faire face à une nouvelle coalition.

Les traités d'Utrecht (1713) et de Rastadt (1714)
Ces traités remodèlent l'Europe au profit d'une alliance entre la France et l'Espagne. La succession espagnoles est finalement partagée: Philippe V garde la péninsule et les possessions d'Amérique, mais toutes les possessions européennes lui sont retirées.

Pour la France, les traités "effacent les Pyrénées" et lui garantissent le soutien de la monarchie espagnole, si longtemps son ennemi sur les champs de bataille.

Quand Louis XIV meurt le 1er septembre 1715, il laisse un royaume agrandi, un Etat renforcé, une administration plus efficace…
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La France au 17ème siècle
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